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Emilie Breux (installation) - Eglise La Perrière (Arts en cité - Un été ornais très contemporain)

©Emilie Breux
Emilie Breux (installation) - Eglise La Perrière (Arts en cité - Un été ornais très contemporain)

Période de l'exposition

10 juillet 2021
au
20 septembre 2021

Horaires d'ouverture

Visite libre

A compter du 21 juillet le pass sanitaire est obligatoire sur tous les lieux de culture rassemblant plus de 50 personnes.


La mine absurde, Emilie Breux associe des figures canoniques de l’histoire de l’art (natures mortes, sculptures antiques) à des formes naïves (smiley, dessin d’enfant) pour en offrir une lecture aussi humoristique qu’irrévérencieuse. Le contraste produit entre un travail de fond technique, sinon virtuose, et les manques au premier plan, en creux desquels apparaissent les figures pauvres, donne ici l’impression d’un acte vandale réalisé à l’aide d’un logiciel de retouche, qui déloge la peinture classique de son piédestal. Dans un même temps, l’utilisation du smiley confère également une certaine vitalité à la représentation initiale, en lui donnant l’occasion d’une nouvelle incarnation plus en phase avec le vocabulaire de l’époque. Symboles d’un nouveau langage, fait d’emojis, de pictogrammes et de logos, les titres des œuvres prennent enfin la forme d’émoticônes, accentuant ainsi la tension entre norme picturale et iconographie populaire.

 Dans un premier ensemble de dessins, Emilie Breux reprend des visages de dieux grecs antiques qu’elle redouble des traits de personnages pop (un cowboy, Madonna, Minnie…), grossièrement réalisés, à la manière d’un enfant. Noir & blanc contre couleurs, il renvoie dos-à-dos deux visions de l’enfance de l’art, opposant les règles de l’art antique à la spontanéité d’un gribouillage infantile. Extrait d’une série de cent vingt-six, un deuxième corpus de dessins procède d’un geste performatif, celui de reproduire la même image avec un crayon de couleur à chaque fois différent. Le nuancier produit décline une palette qui peut rappeler aux jeux de coloriage, et à l’insouciance qui les accompagnait, comme souligner le labeur de la répétition et sa vanité. En regard, Emilie Breux présente également un de ses bouquets signatures, une composition naturaliste faussement tagguée à la bombe qui pastiche la peinture flamande classique. Passant du contenu au contenant, elle réalise enfin des céramiques comme autant de vases dysfonctionnels affublés d’un smiley, qui jouent sur un effet de paréidolie, étant aussi simple graphiquement qu’efficace sur un plan expressif, capable de réduire une présence humaine à son minimum signifiant.  Florian Gaité, octobre 2018